La bureaucratie, Ludwig Von Mises

Traduit de l’anglais par R. Florin et P. Barbier
Edition : Institut Charles Coquelin
Prix TTC : 16,00 €
Date de parution : 2003Dès 1919, l’alternative socialisme ou capitalisme est remise en question par plusieurs auteurs de différentes « sensibilités marxistes ».
L’ex-trotskiste italien Bruno Rizzi publie La bureaucratisation du monde. La même année, le luxembourgiste Lucien Laurat étudie dans Le Marxisme en faillite ? un phénomène nouveau qu’il baptise techno-bureaucratie. Puis  en 1940 l’ex-trotskiste James Burnham, dans un livre retentissant, L’Ere des organisateurs, montre que le capitalisme n’est pas remplacé par le socialisme mais par une « société directoriale ». Cette thèse sera reprise en détail par l’ex-communiste Yougoslave, Milovan Djilas, dans son livre La Nouvelle Classe Dirigeante. Mais pour intéressantes que soient ces analyses, il y manquait le point de vue des économistes. C’est à cette tâche que s’attèleront deux d’entre eux : le professeur Ludwig von Mises et son disciple et ami Friedrich von Hayek. Le premier publiera La Bureaucratie (1944) et le second la fameuse Route de la servitude (PUF/Quadrige 1944), toujours rééditée.

Soixante ans après sa publication, le livre de von Mises n’a pas vielli. Au contraire, son actualité se révèle presqu’à chaque page. Le collectivisme ne  fonctionne pas (quelle que soit la date ou le lieu de son « installation ») certes ; mais il faut en comprendre la cause. Pour Mises le collectivisme n’est pas atteint d’un vice mineur, arrangeable ou rectifiable. Au contraire, ce système ne peut pas fonctionner parce qu’il lui manque le caractère essentiel de la rationalité économique. Ce ne sont pas les six dernières décennies écoulées qui contrediront ce jugement. Mais pour rétablir le plein emploi et la prospérité pour tous la stabilisation monétaire et le libre échange international ne sont pas suffisants. Il faut une compréhension en profondeur des phénomènes économiques.

« L’évolution actuelle, écrivait von Mises en 1944, qui tend à l’omnipotence de l’Etat et au régime totalitaire aurait été immédiatement arrêtée si ses partisans n’avaient pas réussi à endoctriner la jeunesse et à la détourner de l’étude de la science économique.

La science économique est une science abstraite qui, par conséquent, n’enseigne pas à l’homme comment classer les valeurs, ni vers quels buts il doit tendre. Elle ne pose pas de fins suprêmes. Car ce n’est pas là le rôle du penseur, mais celui de l’homme d’action. La science est un produit de la pensée, l’action un produit de la volonté. En ce sens, on peut parler de la neutralité de l’économie politique en tant que science en face du problème des fins ultimes de l’action humaine.

Mais il en est autrement des moyens à appliquer pour atteindre des buts sociaux donnés. Dans ce domaine, la science économique est pour l’action le seul guide sûr. Si les hommes veulent atteindre les buts sociaux qu’ils poursuivent, il leur faut conformer leur conduite aux enseignements de la pensée économique. »

Ce qui était vrai alors, l’est encore plus aujourd’hui.

Ludwig von Mises (1881-1973). Economiste autrichien né à Lemberg en Autriche-Hongrie (aujourd’hui Lviv en Ukraine) en 1881, c’est à Vienne qu’il devint juriste puis économiste sous l’influence de Carl Menger et d’Eugen von Böhm-Bawerk. Parti de l’étatisme historiciste c’est la science économique qui l’amena au libéralisme. Ses contributions furent considérables et constituent une trentaine de livres. Parmi ceux-ci : La Théorie de la monnaie et du crédit (1912) étend la théorie de l’utilité marginale à l’analyse de la monnaie et pose les bases d’une théorie monétaire du cycle ; Le Socialisme (1922) et La bureaucratie (1944) montrent l’impossibilité du calcul économique en régime collectiviste ; Le Libéralisme (1927) expose les fondements de la doctrine et de la politique libérale ; les questions épistémologiques sont présentées dansLes Problèmes fondamentaux de l’économie politique (1933) ; L’Action Humaine ou Traité d’économie politique (1949) représente une somme, un véritable monument d’érudition, plus simple quoique synthétique. Enfin Politique économique (1979) donne accès avec clarté et concision aux principes de la Science Economique et du Libéralisme. En 1940, fuyant le nazisme il se réfugia aux Etats-Unis.où Il enseigna à l’Université de New York jusqu’à l’age de 89 ans tout en écrivant de nombreux ouvrages.
Une excellente biographie vient de paraître : Mises the Last Knight of Liberalism par le Professeur Guido Hülsmann. Elle est mise en ligne intégralement par Google Livres.

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